Editorial -

Galaxies N° 54

Galaxies N° 54 54

VOILA UN NUMERO QUI, sans être un numéro spécial, est quand même un numéro un peu spécial. En effet, il cumule plusieurs caractéristiques qui chacune auraient pu lui valoir ce qualificatif.

Commençons par ce qui relève de Galaxies : c’est le numéro du dixième anniversaire. C’est en effet il y a dix ans exactement, en juillet 2008, que le désormais fameux numéro 1bis est arrivé dans la boîte aux lettres des abonnés. À l’époque, ceux-ci étaient pour les trois quarts des abonnés de la formule précédente (le Galaxies de Stéphanie Nicot et de son équipe), dont nous avions décidé de reprendre le service sans la moindre contrepartie financière, simplement par fidélité à l’esprit Galaxies. La plupart sont toujours abonnés à la revue, même si de nombreux nouveaux lecteurs les ont rejoints. Mais nous venons, en novembre dernier, de consacrer notre numéro 50 à une rétrospective. Bis repetita non placet, passons donc à autre chose, non sans vous avoir tous remerciés pour votre fidélité et votre enthousiasme, et même pour votre impatience, quand vous vous inquiétez parfois de ne pas encore avoir reçu votre exemplaire. Tout cela nous encourage et nous montre que, quoi qu’en disent les fâcheux, nous sommes sur le bon chemin : celui des étoiles !

Deuxième bonne raison qui aurait pu justifier un numéro spécial : la Convention européenne de Science-Fiction : Némo 2018. Voilà une manifestation attendue, et qui n’était pas revenue en France depuis une génération. Galaxies, qui est la porteuse de la double convention (française et européenne), avait envie de « faire quelque chose ». Elle a mis en couverture l’affiche réalisée par Krystal Camprubi, elle a questionné d’anciens organisateurs de conventions pour donner ce qui pourrait devenir l’ébauche d’un « Guide de l’Organisateur de Conventions ». Elle a accumulé aussi des nouvelles qui seront publiées dans l’année à venir, venant de pays européens, et surtout elle va consacrer un numéro entier, le 55, à l’Afrique, qui est cette année l’invitée d’honneur de la Convention.

Troisième bonne raison : le Prix Alain le Bussy 2018. Bon, un Prix le Bussy, il y en a un tous les ans ! Quoi d’extraordinaire ? Eh bien d’abord, cette circonstance qui fait que le Prix Infini (vous savez qu’il s’agit là de l’ancien nom du Prix le Bussy) a été créé en 1993. Il y a donc maintenant juste 25 ans. Celle-là aussi que ce Prix est devenu au fil des années la porte d’entrée des nouveaux auteurs dans Galaxies et sa petite sœur : Géante rouge. Cette année, entre les deux revues et les suppléments électroniques, ce sont pas moins de vingt nouvelles sélectionnées sur les cent vingt-sept reçues qui trouveront place dans nos pages. De quoi s’y attarder un instant, sans doute ?

Et puis enfin, quatrième bonne raison : le thème du dossier : l’innovation, un dossier passionnant préparé par Jean-Michel Calvez et Giacomo Bersano. Innovation et prospective sont devenues deux maîtres-mots de la société post-moderne. Mais qu’en fait l’auteur de science-fiction ? Quelle influence cela a-t-il sur son écriture et sur sa production ? Et au fait, est-ce qu’on innove beaucoup, dans les récits de science-fiction ? Autant de questions auxquelles nous commencerons à répondre dans ce numéro, et dans une suite d’article qui continueront à approfondir le sujet dans les numéros de l’année à venir.

Alors, avec tant de raisons d’être un numéro spécial, c’est finalement un numéro de Galaxies, tout simplement. En plus du dossier et des célébrations, vous y trouverez des nouvelles inédites en français : la gagnante du Prix le Bussy 2018, « Blue Binary Bluff » d’Antoine Vanhel, classique, brillant et un peu Asimovien ; « Seul ce soir », un texte touchant et grave derrière une apparente légèreté de notre regretté ami Alain Dartevelle, « Rex (Tremendae majestatis) » de Pierre Stolze et « Vendredi » de Jean-Pierre Andrevon, efficaces et incontournables ; « Le Monastère des frères muets » de Giandomenico Antonioli dans une traduction de Jean-Pierre Laigle et « Horrible Histoire » de l’auteure australienne Gillian Polack, qui viendra à Amiens pour donner de l’Europe une image des plus larges !

Et bien sûr vos rubriques habituelles, avec les chroniques de lecture rassemblées par Laurianne Gourrier ainsi que les BD recommandées par Fabrice Leduc.

Ce numéro tout entier est dédié à notre ami Alain Dartevelle.

Le 20 juin 2018

Pierre Gévart

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