Editorial -

Galaxies Hors-série « La filière belge »

Galaxies Hors-série « La filière belge » La filière belge

Il y avait sans doute beaucoup de raisons pour consacrer un numéro hors-série de Galaxies à la science-fiction belge ; La Belgique, l’étude de Dominique Warfa que vous allez pouvoir découvrir dans les pages qui suivent le montre bien, a apporté à la science-fiction, mais aussi à la littérature française beaucoup d’auteurs de grande envergure. Il en va de même, et Alain Dartevelle le montre aussi dans son article sur la bande dessinée, de cet autre mode d’expression qu’est le 9ème art, indissolublement lié à ce pays.

Pays riche en auteurs, riche en imaginaire, mais qui connaît depuis des années une crise identitaire sans précédent. Il y a, au moment où j’écris ces lignes, plus de quatre cents jours que la Belgique existe sans gouvernement, même si un espoir d’accord semble se faire jour. Il était donc également pertinent d’en revenir au fond culturel. Et la présence dans ces pages de l’auteur flamand Frank Roger témoigne de l’existence de cohérences transversales. A Montréal, en 2007, la table ronde que les organisateurs de la Worldcom m’avaient demandé de modérer réunissait cet auteur et Alain le Bussy, écrivain majeur de la Belgique wallonne.

Troisième raison, justement, Alain le Bussy. C’est en octobre 2010 que notre ami Alain nous a quittés. Ce numéro lui rend hommage en reprenant une interview qu’il avait donnée à Géante rouge en 2006, et en publiant le texte de l’intervention qu’il avait prévue de faire à l’Université polytechnique de Barcelone, en novembre 2010 ainsi qu’une de ses nouvellesdont le titre La dernière danse avec la mort, résonne aujourd’hui étrangement,. Au moment où il nous a ainsi faussé compagnie, Alain était en train de préparer activement sa quatrième ou cinquième convention nationale française de science-fiction (l’appellation officielle, en l’occurrence, ne rend que bien mal compte de l’extension à la francophonie de cette convention !). Son fils, Olivier, ses amis ont repris le flambeau, et la convention de Tilff a lieu, sans Alain, mais avec lui, tellement présent.

Et puis, parmi ces auteurs belges que j’évoquais plus haut, il en est qui sans s’être voués au genre ont beaucoup œuvré pour lui. C’est en particulier le cas d’Henri Vernes, le « papa » de Bob Morane, le héros qui a accompagné la jeunesse de beaucoup d’entre nous. Henri Vernes nous a fait l’amitié et l’honneur de nous recevoir à Bruxelles, à son domicile, et nous avons pu converser avec lui, pour un entretien dont vous re-trouverez ici la trace fidèle , ainsi qu’un article consacré par Michel Vannereux à la science-fiction dans la série des Bob Morane.

N’oublions pas tous ceux grâce à qui ce numéro hors-série a pu voir le jour, je suis d’abord particulièrement reconnaissant à Luc Schuiten de nous avoir permis d’utiliser une de ses œuvres en couverture de ce numéro. Prenez le temps de regarder en détails chacune des sept tours utopiques qu’il a dessinées. Vous y verrez, plus encore qu’une composition graphique remarquable, un concentré de ses conceptions en matière d’urbanisme du futur, venant ici bien montrer comment la science-fiction peut très bien s’exprimer dans les arts. Des textes, surtout, d’auteurs qui ont tous un lien avec la Belgique, et qui matérialisent ainsi la réalité de l’ancrage science-fictionnesque de ce pays. Grand merci à Alain Dartevelle, Serge Delsemme, Anne Smulders, Christian Simon, Adriana Lorusso, Frank Roger, Odile Kennel et Vincent Bastin pour leur participation à ce hors-série historique.

Et enfin, nous n’oublions pas non plus que la Belgique est aussi connue pour être le pays de la fête. Alors, avec la complicité de Raymond Milési, qui nous a vendu à prix d’or les cogitations du groupe Rempart, nous avons même glissé un quizz, pour vous obliger aussi à réfléchir !

Pierre Gévart

16 juillet 2011

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