Editorial -

Galaxies N° 48

Galaxies N° 48 48

AU MOMENT OÙ J'ÉCRIS CES LIGNES, il y aura bientôt sept ans qu'Alain le Bussy m'avait demandé de me rendre à Barcelone pour y remettre à sa place le prix de l'université polytechnique de Catalogne à un certain Yoss. Il ne se doutait pas alors, et moi non plus, que j’aurais à y prononcer son éloge funèbre. Yoss est un écrivain cubain, un personnage étrange. Quand on le rencontre pour la première fois, avec son look à mi-chemin entre pirates des Caraïbes et superhéros de Justice League, on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’il y a derrière cette façade. Et puis, on se rend vite compte qu’il y a surtout en lui cette affirmation de liberté totale de la plume sous un régime où la liberté est parfois relative, dirais-je en maniant l'euphémisme. Donc un personnage intriguant et depuis tout ce temps, j'avais envie que nous puissions consacrer un dossier à cet écrivain qui par ailleurs est désormais connu en France par quelques publications.

Pour toutes sortes de raisons liées à la disponibilité des uns ou des autres cela ne s'est pas fait aussi rapidement que je l'aurais souhaité. Et puis voici que le hasard et Guillaume Parodi faisant bien les choses, le second cité trouve l'occasion de rencontrer Yoss à New York et d'échanger avec lui le temps d'une interview que vous trouverez dans ces pages. Du coup Jacques Fuentealba qui préparait la chose depuis déjà un certain temps me livre la première moitié d'un essai sur le sexe et la violence dans l'œuvre de notre écrivain. En fait il me livre la première partie, mais la seconde partie existe, au moins à l'état virtuel. J'espère que nous aurons un jour l'occasion de lire cet essai sur la violence dans l’œuvre de Yoss dans les pages d'un Galaxies ou d'un Géante rouge à venir. Pour accompagner ce dossier, non pas une mais deux nouvelles et un texte de Yoss déjà publié dans Galaxies mais que nous avons pensé bon de reprendre.

Dans ce même numéro vous trouverez une autre étude de Massimo Balducci sur le reflet de la société américaine dans l'œuvre d'Isaac Asimov. Un texte intéressant, que nous publions aussi en hommage à ce grand auteur dont nous célébrons cette année le 25ème anniversaire de la disparition. Cela donnera peut-être à d'anciens le désir de relire et à de plus jeunes celui de découvrir l'œuvre du bon docteur.

Et puis bien sur les nouvelles inédites. Pour ce numéro nous accueillons tout d'abord non pas le mais l'un des deux prix le Bussy de l'année. Faut-il y voir une fatalité ? pour la seconde fois le concours dépasse les 200 nouvelles reçues et pour la seconde fois le jury désigne deux prix le Bussy ex aequo. Il faut dire que le choix n'était pas facile. Les œuvres n’étaient pas seulement nombreuses, elles étaient de qualité c'est pour cela que nous avons décidé également que le second et le troisième prix succéderaient aux deux premiers dans les Galaxies à venir. « Triton sur le rivage de sable », de Jean Bury, ouvre donc le bal. C’est un texte à la fois poétique et rigoureux, bien construit et passionnant. Il méritait bien son rang de premier ex aequo. Une excellente nouvelle aussi que celle de Charles Stross et Cory Doctorow. Ces deux maîtres de la science-fiction s'étaient réunis en 2002 pour imaginer une Amérique où les réseaux seraient interdits. Depuis, l'histoire bien sûr a décidé mais l’uchronie reste passionnante. Un texte encore de Koloupaev, un auteur russe qui écrit encore sous l'ère soviétique avec cette histoire qui laisse le lecteur à son interprétation. Je n'oublie pas la nouvelle d’Émilie Querbalec, qui positive sur le thème « y'a des jours où ça veut pas ». Et puis enfin ce texte de Ghassan Homsi, un écrivain arabe de science-fiction qui vit à Berlin Vous y verrez que « Lumière » met en lumière justement ce qui constitue aujourd'hui un thème majeur de la science-fiction arabe.

Et puis bien sûr « Musique et science-fiction » où nous accueillons un nouveau chroniqueur : Jean Guillaume Lanuque pour nous parler de Jean-Michel jarre un élève de Pierre Henry un grand compositeur de musique tout à fait science-fictive qui vient de nous quitter. Et puis le scalpel du Docteur Stoltze, les fiches de lecture coordonnées par Laurianne Gourrier et les chroniques BD d’Alain Dartevelle.

Alors bonne lecture et à bientôt.

Pierre Gévart

27 juillet 2017

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